Parmi les facteurs liés à l’environnement qui affectent notre santé, le bruit arrive juste après la pollution de l’air. Fléau sanitaire, il représente en France un coût de 147 milliards d’euros (1) par an, soit près de la moitié de nos dépenses annuelles de santé. Il faut dire qu’un tiers des Français (2) affirme être gêné par le bruit, qu’il provienne de l’extérieur (circulation, lieux publics, etc.), de l’intérieur (famille, voisinage, appareils domestiques, bricolage, etc.) ou du lieu où l’on travaille.
Or, l’exposition chronique au bruit est à l’origine d’une impressionnante série de pathologies. « Elle augmente les hormones du stress, de l’adrénaline, du cortisol, explique Alexandre Duparc, cardiologue au CHU de Toulouse, ce qui par des effets en cascades peut toucher le cœur, la sphère neuropsychologique et accroître les risques cardiovasculaires, d’obésité ou encore de dépression. »
Un impensé des études médicales
Problème : « Les praticiens ne sont pas formés à la santé environnementale, déplore ce membre de l’Association Santé Environnement France (Asef). Ils ne posent donc jamais aux patients la question de leur exposition aux pollutions, notamment sonores. C’est un impensé des études médicales et c’est très grave. » Mais pour lui, l’essentiel se joue ailleurs. « Il faut surtout mettre en place des politiques publiques protégeant les populations, en particulier les plus fragiles qui n’ont pas les moyens de quitter les zones bruyantes. »
Dans une étude publiée en 2021, l’Ademe identifie plusieurs leviers : réduction de la vitesse automobile, zones à faibles émissions, isolation acoustique des écoles ou encore chartes « chantier propre ». Certaines collectivités ont déjà pris les devants. En Île-de-France, région la plus exposée, un plan adopté en 2024 vise à réduire le bruit de 30 % d’ici à 2030. Au programme : enrobés phoniques, murs anti-bruit, lutte contre les nuisances ferroviaires, radars sonores pour sanctionner les véhicules les plus bruyants, bus électriques plus silencieux ou encore dépistage des troubles auditifs dans les lycées.
Quelques actions efficaces
Les particuliers peuvent aussi agir à leur échelle. L’isolation des portes, murs et fenêtres permet de réduire sensiblement l’exposition au bruit, avec des travaux parfois éligibles à des aides publiques. Le dispositif le plus efficace reste le double vitrage à isolation renforcée (VIR), composé notamment de verre feuilleté.
Autre solution simple : les protections auditives. Bouchons d’oreille et casques anti-bruit existent dans de nombreux modèles, mais leur efficacité dépend de quelques critères. Pour les bouchons en mousse ou en silicone, mieux vaut privilégier un achat en pharmacie et vérifier l’indice SNR (Signal to Noise Ratio), qui indique l’atténuation du bruit en décibels. Les bouchons sur mesure, avec ou sans filtre acoustique, coûtent entre 80 et 250 euros la paire et peuvent, dans certains cas, être remboursés par la Sécurité sociale.
Les casques anti-bruit destinés à bloquer les ondes sonores doivent respecter la norme européenne EN 352. À ne pas confondre avec les casques ANC (Active Noise Cancellation), qui filtrent surtout les bruits de fond dans les transports ou au bureau. Pour un modèle de qualité, il faut compter entre 150 et 500 euros.
Retrouvez l’interview d’Olivier Blond, président de Bruitparif, l’observatoire du bruit en Île-de-France.
(1) Source : Le coût social du bruit en France. Ademe-CNB, Rapport d’étude et synthèse, juillet 2021
(2) 36 % exactement selon une Enquête INSV/Fondation Vinci Autoroutes pour la Journée du sommeil 2026



.png)
