Quel est l’impact du bruit sur la santé ?

Lorsqu’on y est exposé de façon répétée, l’impact sanitaire peut être non négligeable. Cela est démontré par les données scientifiques. Les nuisances sonores sont à l’origine de problèmes d’hypertension, cardiovasculaires, de risques élevés d’AVC, d’infarctus, de dépression, de stress et même d’obésité ou de diabète. Enfin, il peut y avoir des problèmes associés au sommeil, comme les troubles de l’attention et de la concentration.

Combien de Français sont exposés régulièrement à des nuisances sonores ?

En Europe, 100 millions de personnes sont exposées à des niveaux de bruit chronique préjudiciables à la santé. En Île-de-France, entre 80 % et 90 % de la population subissent des niveaux sonores dépassant les seuils recommandés par l’OMS (1). Après la pollution de l’air, le bruit est la deuxième cause de morbidité environnementale [le nombre de maladies, ndlr]. Il s’agit donc d’un enjeu majeur de santé publique, dont le coût social atteint 40 milliards par an rien qu’en Île-de-France.

Face à un tel fléau, notre pays est-il suffisamment armé ?

La réglementation européenne transposée dans notre droit porte sur le bruit aérien, ferroviaire et routier. C’est essentiel mais, dans les quartiers animés du centre de Paris, par exemple, le bruit des activités nocturnes, comme les bars, les terrasses et les boîtes de nuit, est supérieur en volume à celui des transports. Cette forme de nuisance a un impact particulièrement élevé sur le sommeil et la santé. Or, la réglementation sur le bruit nocturne reste partielle et difficile à mettre en œuvre. 

Que peuvent faire les collectivités locales ?

Les agglomérations sont tenues de mettre en place tous les cinq ans des cartes stratégiques de bruit réalisées en région parisienne par Airparif. Cela a été fait également à Lyon, où il existe une sorte de cousin de Bruitparif, Acoucité. Ailleurs, les collectivités locales sont en retard parce qu’elles ne disposent pas de structures publiques comparables à Airparif ou Acoucité. Autre problème, les plans de protection contre le bruit, obligatoires à l’échelon local, ont du mal à voir le jour parce qu’ils sont de la responsabilité des agglomérations et non des communes qui sont pourtant aux premières loges.

Quels sont les solutions dont disposent les citoyens ?

Intervenir en cas de tapage nocturne, de nuisances diurnes ou de troubles de voisinage reste souvent compliqué. Les victimes doivent faire constater les nuisances puis engager des procédures judiciaires parfois longues. Il manque aujourd’hui un cadre global permettant de mieux protéger les citoyens contre le bruit, avec un seuil maximal à ne pas dépasser quelle que soit la source de la nuisance sonore. Des aides toutefois existent pour améliorer l’isolation phonique des logements. Le premier dispositif concerne les « points noirs du bruit », ces zones fortement exposées aux nuisances des transports. En Île-de-France, la région est particulièrement engagée : lorsqu’on habite dans l’un de ces secteurs, les travaux d’isolation peuvent être financés presque intégralement. Le second dispositif vise le bruit aérien. Alimenté par les compagnies aériennes, un fonds spécifique permet de financer environ 80 % des travaux d’isolation. Plusieurs acteurs plaident aujourd’hui pour porter ce taux à 90 %, voire 100 % pour les ménages modestes et certains bâtiments publics comme les écoles.