Récompensée le 20 avril par le Goldman Environmental Prize, souvent qualifié de « Nobel de l’environnement », la Colombienne Yuvelis Morales Blanco a donc vu son combat contre la fracturation hydraulique salué par une reconnaissance internationale. Elle raconte : « J’ai grandi à Puerto Wilches, sur les bords de la Magdalena, le plus important fleuve de Colombie. Très jeune, j’ai été confrontée à la pollution des eaux dont dépendent les familles de pêcheurs de mon village. En cause ? L’industrie pétrolière dont les 800 sites en activité engendrent des centaines de marées noires chaque année. En 2018, l’une d’elles s’est répandue sur deux affluents de la Magdalena, obligeant une centaine de familles à se déplacer et tuant des milliers d’animaux. Une véritable hécatombe qui a été un déclencheur pour moi. »

Elle dénonce la fracturation hydraulique, une technique consistant à fracturer la roche en y injectant un mélange d’eau, de sable et d’additifs chimiques pour extraire des hydrocarbures. « Une méthode dont l’impact environnemental est désastreux », dénonce-t-elle.

En Colombie, la défense de l’environnement n’est pas sans danger. En 2020, alors qu’elle n’a que 19 ans, des hommes armés la contraignent à quitter son village. De nouvelles menaces l’obligent en 2022 à s’exiler en France. Malgré cela, elle poursuit son combat et alerte la communauté internationale.

La Colombie a depuis suspendu les projets de fracking et, en 2024, la Cour constitutionnelle a estimé que ces techniques violaient les droits de la communauté de Puerto Wilches. Une victoire pour Yuvelis. « La fracturation hydraulique est devenue un enjeu politique majeur. Je vais continuer de me battre et ce prix va me permettre de poursuivre mon action et de la rendre plus visible », conclut Yuvelis Morales Blanco.