Finaliste française des Prix européens de l’énergie durable 2026 dans la catégorie Women in Energy, Suzanne Renaud a ses convictions chevillées au corps. A 37 ans, cette ingénieure de formation, directrice des investissements chez Energie Partagée, croit « en une réappropriation de l’énergie par les citoyens ». Comment ? « Financièrement par leur implication dans le capital de projets de territoire mais aussi par leur participation active aux réflexions de fond sur la transition énergétique », explique celle qui se définit comme une « ingénieure sociale ». L’actualité géopolitique et le dérèglement climatique lui donnent plus que jamais raison. Travaillant au sein d’une association nationale qui fédère, soutient et finance localement des projets portés par des citoyens dans le solaire, l’éolien, l’hydroélectricité, la méthanisation mais aussi la chaleur renouvelable, elle encourage la mutualisation de l’épargne citoyenne. Et ça marche. « Notre action a permis la labellisation de 448  projets citoyens (67 millions d’euros d’investissements). Cette dynamique collective est portée par 32 500 actionnaires et plus de 800 collectivités. « Le projet du Fief-Sauvin dans les Mauges qui a permis d’installer un parc de 4 éoliennes d’une puissance cumulée de 13,2 MW en est l’une des dernières illustrations », détaille Suzanne Renaud. Membre du conseil d’administration du réseau européen REScoop, l’ingénieure promeut également son modèle hors de l’Hexagone. Elle épaule d’autres projets à l’étranger, partage son assistance technique et milite pour l’inclusivité. En s’imposant dans un milieu encore très masculin, elle espère inspirer d’autres femmes à piloter la transition. « L’énergie n’est pas qu’une question technologique, c’est une question de justice sociale », martèle-t-elle.