Entreprise spécialisée dans l’analyse des aliments, Mérieux NutriSciences traque la présence de contaminants biologiques ou chimiques, et anticipe l’émergence de nouveaux risques, notamment liés au changement climatique. Nicolas Cartier nous explique comment cette surveillance de l’alimentation contribue à réduire les risques pour la santé.

Quelle est la mission de Mérieux NutriSciences ?

Elle consiste à vérifier que les aliments mis sur le marché ne contiennent pas de substances dangereuses au-delà des seuils autorisés par la réglementation. Nous analysons près de 60 000 échantillons par jour issus de sites industriels ou agricoles, ainsi que de magasins ou de restaurants. Nos équipes recherchent notamment la présence de bactéries pathogènes – listeria ou salmonelle, par exemple – ainsi que de résidus chimiques tels que certains pesticides, des métaux lourds comme le cadmium ou encore des contaminants environnementaux tels que les PFAS.

Sur quoi s’appuient vos expertises pour réaliser ces missions ?

Le groupe est présent dans 32 pays, avec 140 laboratoires et environ 10 000 collaborateurs. Nous disposons d’un réseau mondial d’équipements scientifiques capables de détecter des signaux faibles de déviation de la qualité des produits ou de vérifier leur authenticité. Par exemple, il est possible de contrôler que l’espèce de poisson vendue correspond bien à celle indiquée sur l’étiquette ou qu’un miel n’a pas été dilué avec du glucose. Nous répondons également à des demandes des autorités publiques pour réaliser des analyses très ciblées et rapides.

Le changement climatique entraîne-t-il de nouveaux risques ?

Oui, il modifie progressivement la nature des risques sanitaires liés à l’alimentation. Des pathogènes, virus ou toxines, qui étaient jusqu’ici surtout présents dans des régions plus chaudes, peuvent désormais apparaître sous nos latitudes, notamment en raison de l’augmentation des températures et de l’humidité. Par ailleurs, l’arrivée de nouveaux insectes ou agents microbiologiques peut conduire les agriculteurs à utiliser d’autres produits phytosanitaires, ce qui modifie aussi les types d’exposition pour les consommateurs. Les nouvelles technologies associées à l’intelligence artificielle jouent ici un rôle important. Elles permettent d’analyser de grandes quantités de données et de repérer plus rapidement des risques émergents. Ces informations peuvent ensuite être intégrées dans des systèmes d’alerte et des modèles prédictifs afin d’anticiper les risques et de mettre en place les actions préventives nécessaires.

Quelle est votre capacité de réactivité en cas de crise ?

Nos experts restent en permanence disponibles pour analyser les incidents rencontrés par nos clients. Ils participent à la définition des protocoles d’urgence, à l’identification des causes et à l’établissement des mesures correctives. Nous mettons aussi à disposition des outils permettant aux entreprises agroalimentaires d’agir en prévention et en réaction. En mobilisant nos technologies et la connaissance terrain de nos experts, nous aidons à identifier rapidement l’origine d’un problème lors d’une crise alimentaire.