Des panneaux photovoltaïques au pied des terrils : à Loos-en-Gohelle, la transition énergétique n’est pas qu’un vain mot. En 1986, lorsque le dernier puits de mine ferme, la petite cité de 7 000 habitants est exsangue. Après plus d’un siècle d’exploitation minière, l’eau et les terres sont polluées, le chômage sévit. « C’est tout un modèle qui s’effondrait, se souvient Jean-François Caron, maire de la commune de 2001 à 2023. Nous devions faire face à une crise économique, sociale, identitaire et environnementale majeure. »
‍

En 1995, la révision du plan d’occupation des sols (POS) devient un véritable levier d’action pour la municipalité. « On a multiplié les diagnostics – environnementaux, énergétiques, sociaux – et beaucoup échangé avec les habitants. La question de la transition écologique a vraiment démarré à ce moment-là. » Objectif : réduire les consommations énergétiques, développer les énergies renouvelables et promouvoir des modèles économiques plus durables.
‍

Loos in transition
‍

La disparition du système paternaliste des Houillères transforme la question énergétique en enjeu social. « Avant, les mineurs se chauffaient gratuitement », rappelle celui qui est resté élu municipal. Dans les cités minières, véritables passoires thermiques, le passage à l’électricité ou au gaz a fait bondir les dépenses. « Les habitants n’arrivaient plus à payer leurs factures d’électricité qui pouvaient atteindre près de 2 000 euros par an ! »
‍

La rénovation de l’habitat devient une priorité. À partir de 1997, tous les appels d’offres de la commune

‍

intègrent une exigence très forte en matière de performance énergétique. Les premiers logements labellisés haute qualité environnementale (HQE) sortent bientôt de terre, avec des économies substantielles à la clé.« 2 000 euros de moins sur le chauffage, c’est 2 000 euros de pouvoir d’achat en plus »,insiste l’ancien maire.Parallèlement à la réduction des consommations, Loos-en-Gohelle investit dans les énergies renouvelables : installation de chaudières à bois dans les écoles, développement du photovoltaïque, etc. Des panneaux solaires sont déployés sur le foyer-logement pour personnes âgées, dans le local des services techniques… et jusqu’au toit de l’église.« Une première en France ! L’investissement rapporte aujourd’hui 5 000 euros par an, précise l’élu. L’ensemble de notre parc s’est transformé et, chaque année, nos factures énergétiques diminuent. » Cette trajectoire vertueuse vaut à Loos-en-Gohelle de devenir, en 2014, démonstrateur national de l’Ademeen matière de transition écologique. « Nous avons vingt-cinq ans d’actions derrière nous qui montrent que ça marche. C’est une affaire de volonté politique, de choix d’investissement et d’une attention permanente portée à ces questions. Et l’adhésion de la population est massive : en 2008, nous avons obtenu82,1 % des voix, conclut Jean-François Caron. Contrairement à ce qu’on dit, la transition n’est pas impopulaire. » Au contraire…

‍