Mettre du vert au milieu du béton et planter des forêts comestibles dans l’espace public, au cœur des villes. À 37 ans, Claire Mauquié est de celles qui pensent que la nature doit retrouver toute sa place dans les territoires urbains.

Diplômée en physique-chimie de l’atmosphère et de l’océan, formée à la permaculture, elle a travaillé pour une ONG à Taiwan et participé là-bas à la création de forêts urbaines comestibles. De retour en France, convaincue que ce modèle pouvait être adapté aux climats tempérés, elle a poursuivi son travail dans les Pyrénées-Orientales.

Son engagement lui a valu d’être lauréate, en avril dernier, du prix Terre de Femmes de la Fondation Yves Rocher. « Depuis trois ans, je travaille avec le village d’Elne, engagé dans la transition écologique. À l’heure où la sécheresse touche l’ensemble du département, la commune a commencé à réfléchir à la manière de devenir une ville à la fois éponge et nourricière. J’ai apporté mon expérience et nous avons imaginé un projet de reforestation comestible en plein centre-ville », explique-t-elle.

« L’objectif est de retirer le bitume pour permettre à l’eau de s’infiltrer dans les sols plutôt que de ruisseler jusqu’à la mer. Pour cela, la commune d’Elne a accepté de supprimer plusieurs parkings. À leur place, des jardins nourriciers ont été aménagés avec les habitants. On y trouve des néfliers, des oliviers, des baies de goji, de la vigne ou encore des grenadiers », poursuit-elle.

Aujourd’hui, une dizaine de jardins et une pépinière citoyenne ont vu le jour à Elne. La municipalité, les habitants et les écoles participent au projet. Conférencière et formatrice, elle intervient aussi auprès de l’École de la forêt gourmande et de Slow Food Pays Catalan. Et des projets similaires prennent racine à Cahors, Nanterre, Poitiers, Sainte-Eulalie, et bientôt Grenoble. Un mouvement décidément durable.