Grâce au succès fulgurant des frères Lebrun et du buzz autour du film Marty Supreme porté par la star Timothée Chalamet, le ping-pong n’a jamais été aussi médiatisé, nous donnant une furieuse envie de déplier la table et de taper la petite balle jaune. Premier fabricant industriel de tables de ping-pong en France, Cornilleau, qui fête ses 80 ans, vient d’éditer la Softbat, un modèle composé à partir de textiles usagés (coton et polyester) issus des collections Armor Lux, recyclés en France. Résultat : une raquette outdoor en matière composite, conçue et produite en France, garantie dix ans (12 €).

Made in Auvergne

Dans un registre tout aussi écoresponsable mais bien plus haut de gamme, l’ancien champion de l’équipe nationale de tennis de table du Mexique, Ernesto Zamudio, a créé à Gerzat, dans le Puy-de-Dôme, la marque Mamba Blades spécialisée dans les bois de raquette. Issu du monde de la lutherie, il a eu l’idée de mettre le savoir-faire artisanal et la précision d’un instrument de musique au service du ping-pong. « Nous observons globalement un regain d’intérêt autour du tennis de table, mais cela s’explique surtout par l’émergence d’une très belle génération de jeunes joueurs en France : certains clubs avec lesquels nous sommes en contact indiquent que leurs sections jeunes sont aujourd’hui complètes », explique Vanessa Bernal, directrice marketing. Mamba Blades propose des « bois » (la raquette nue, sans son revêtement de gomme) de 110 € à 250 € (pour un modèle sur mesure) fabriqués avec des essences locales : les manches sont en chêne, en tilleul ou en peuplier, renforcés avec du lin, principalement produit en France, du chanvre ou du basalte – matières plus respectueuses de l’environnement que le carbone, le kevlar ou la fibre de verre. « Ces alternatives permettent d’obtenir d’excellentes performances techniques tout en favorisant des bois européens, traçables et durables ». Traditionnellement, les essences de bois utilisées pour les raquettes proviennent d’Amérique latine ou d’Afrique (corina, ayous, koto, limba, kiri, honoki, zébrano, etc.) où les filières sont difficilement traçables, mais l’équipe travaille activement à sourcer les meilleurs matériaux. Composés d’un noyau, généralement en balsa, de couches internes (bois dur) et externes (tendre ou dur selon la sensation de jeu recherchée), tous les bois Mamba Blades sont conçus et fabriqués dans le petit atelier auvergnat, qui produit également des pièces sur mesure handisport. Les peintures, solvants et plastiques, aussi bien dans la fabrication des bois que dans les emballages ont été totalement proscrits. Une manière radicale d’associer sport et écologie.