Dans un pays où 64 % des Français possèdent un jardin (baromètre Unep-Ifop) et 33 % un potager (enquête Kantar pour Valhor), presque la moitié des jardiniers déclarent utiliser au moins une application. Photographier une feuille pour obtenir un conseil immédiat sur la plante, utiliser un calendrier numérique pour semer au bon moment, font désormais partie des réflexes de tout jardinier. Résultat ? Les applications poussent comme des champignons. Alors, comment s’y retrouver ? 

Quand le smartphone décode la biodiversité

Soyons honnête, identifier une fleur ou un arbre relève du défi pour beaucoup d’entre nous. Mais ça, c’était avant que l’IA nous transforme en expert. Prenons Pl@ntNet, le Shazam des plantes. En s’appuyant sur un projet de sciences participatives et d’apprentissage coopératif, cette plateforme a transformé les balades bucoliques en véritables cours de SVT. Il suffit de prendre des photos et de préciser s’il s’agit d’une feuille, d’une fleur, d’un fruit ou encore d’une tige ou d’un morceau d’écorce. L’image est alors rapprochée d’une base de données contenant des dizaines de milliers d’espèces. Le résultat est accompagné d’un indicateur de pertinence. Développé par un consortium d’instituts de recherche, l’outil est considéré comme l’un des plus grands observatoires de la biodiversité au monde avec plusieurs millions de contributeurs dans plus de 200 pays. PlantSnap est une alternative pertinente avec sa collection de 600 000 espèces de fleurs, feuilles, arbres, plantes, cactus et champignons. Conçu par des universitaires américains, LeafSnap, qui permet d’identifier les arbres à partir de photos de leurs feuilles, est d’une fiabilité remarquable selon les experts. Surtout pour les arbres originaires d’Amérique du Nord et du Canada. 

Plus ludique, Seek est idéal pour les familles. Pour inciter les enfants à sortir, cette application créée par iNaturalist est une plateforme permettant d’identifier 80 000 espèces, faune et flore confondues, tout en s’amusant. L’utilisateur peut relever des défis et débloquer des badges. Son atout ? Aucun compte ni abonnement n’est requis. Elle peut même être utilisée hors ligne. 

Soigner ses plantes, le diagnostic de poche

Un rosier qui s’étiole, des tomates qui noircissent… Plantix s’est imposé comme le leader mondial du diagnostic. Cette application permet de détecter les maladies et ravageurs grâce à de simples photos. Plus de 800 symptômes sur 60 cultures sont identifiés avec une précision de plus de 90 %. Elle peut connecter en prime les jardiniers ou paysagistes en herbe à des experts ou d’autres agriculteurs, favorisant le partage de connaissances dans la communauté. Plantix propose aussi un suivi des épidémies en temps réel ainsi que des traitements curatifs et préventifs.

Concevoir son jardin d’agrément sans se planter

Aménager un massif ou embellir son balcon, voilà qui n’est pas forcément aisé. Mon Petit Balcon propose des tutos pour jardiniers urbains qui permettent de faire des merveilles avec deux ou trois pots. Plus sophistiqués, iScape ou My Garden Designer permettent de visualiser la taille de votre arbuste quand il sera adulte. Enfin Groww aide à sélectionner ses plants, affiche la liste des tâches à effectuer et propose des alertes pour ne pas oublier l’arrosage ! En ligne, un e-shop fait office de véritable pépinière. Un tchat avec des experts permet aussi d’obtenir des réponses pertinentes. 

Avoir un potager 3.0

Cultiver salades, radis et choux, c’est devenu aujourd’hui un jeu de geek ultra-intuitif. Le site Permapotes permet par exemple de dessiner ses parcelles, gérer ses stocks de graines et générer un calendrier de semis en fonction de sa région. Quant à Planter, l’appli fait office d’assistant personnel, qui recommande les bonnes distances à respecter entre les plantations, propose un journal des croissance et des rappels intelligents d’arrosage… Mon Jardin Potager offre des fiches d’identité très précises sur les fruits et les légumes, avec les dates de semis, de plantation et de récolte ainsi que des conseils sur les associations. 

Plutôt permaculture ou biodynamie ?

Il est absolument recommandé de jardiner sans produits chimiques. Dans cet esprit, plusieurs applications de permaculture rencontrent un vrai succès. Parmi elles, la pépite française Tomate & Basilic accompagne les jardiniers au moment des semis, tout en intégrant la logique des « compagnonnages » : associer certaines plantes pour favoriser leur croissance ou limiter les nuisibles. Exemple : planter des carottes à proximité des poireaux pour repousser la mouche de la carotte. Dr Jonquille & Mr. Ail propose un accompagnement complet, de la graine à la récolte, avec plus de 500 fiches pratiques et tutoriels. L’application met particulièrement l’accent sur les semences reproductibles et les préparations naturelles comme les purins. Les amateurs de biodynamie peuvent, eux, se tourner vers Moon & Garden, qui s’appuie sur les cycles lunaires pour organiser les travaux au jardin. Elle distingue notamment les jours racines, fleurs, feuilles ou fruit (pas compris ce passage) — des périodes du calendrier durant lesquelles on sème, plante ou récolte certaines plantes en fonction de leur utilité.