Quelles sont les principales menaces qui pèsent aujourd’hui sur l’océan ?
Depuis la révolution industrielle, la température des eaux de surface de l’océan a augmenté en moyenne de 1 °C, avec des conséquences catastrophiques sur les espèces et les écosystèmes. Si l’on regarde la seule Méditerranée, elle se réchauffe 20 % plus vite que cette moyenne. L’absorption de toujours plus de CO2 par l’océan provoque également une augmentation de l’acidification de l’eau (lire page xx). Depuis la révolution industrielle, elle a augmenté en surface de 30 %. Cela fragilise les coraux, les mollusques, le plancton. Le réchauffement conduit également à la hausse du niveau de la mer – qui a pris 15 cm au XXe siècle – et à une accentuation des événements extrêmes. C’est ainsi que le village de Miquelon (archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon) va devoir être relocalisé, une première en France, en raison des tempêtes de plus en plus violentes et des risques majeurs de submersion.
Et le plastique ?
Environ 18 tonnes sont déversées chaque minute dans l’océan ! Le plastique envahit tout, de la surface aux grands fonds (lire page xx). Il s’accumule dans la chaîne alimentaire avant d’arriver dans nos assiettes. Les dernières études révèlent qu’il contient environ 4 000 produits chimiques à la toxicité avérée.
Quelles solutions la Fondation de la mer met-elle en avant ?
La Fondation de la mer porte, conjointement avec Ecoalf, le programme Repêchons les océans : les pêcheurs volontaires conservent à bord les déchets remontés dans leurs filets et les déposent dans des contenants installés dans 13 ports partenaires. Plus généralement, les solutions fondées sur la nature sont les plus aptes à limiter les conséquences du changement climatique et ses effets délétères. La protection et la restauration d’écosystèmes (lire page xx) comme les mangroves, les herbiers marins et les récifs coralliens est essentielle. Les mangroves peuvent stocker trois fois plus de carbone que des forêts tropicales de même taille, servent de nurserie pour les poissons et protègent les côtes de l’érosion. Des études montrent qu’elles peuvent atténuer de 66 % l’impact des vagues. Les herbiers marins, comme la posidonie en Méditerranée, sont aussi des écosystèmes clés pour atténuer les effets du changement climatique.
En quoi les engagements internationaux pris pour que 30 % des océans soient des aires marines protégées d’ici à 2030 sont une avancée ?
Les aires marines protégées sont un outil essentiel pour restaurer les écosystèmes dégradés. S’il existe aujourd’hui plusieurs niveaux de protection, une étude de 2025 a mis en avant les trois facteurs clés pour une efficacité optimale : une très vaste superficie, une protection haute sans pêche ni extraction, et une connexion entre toutes ces zones pour former un réseau qui favorise le déplacement des espèces.
Les mesures techniques en faveur de l’océan, comme la géo-ingénierie (lire page xx), font-elles partie des solutions ?
Il ne faut pas leur fermer la porte, tout en restant extrêmement vigilant. Cela suppose d’effectuer de nombreux tests avant le déploiement de ces technologies, et notamment d’évaluer les conséquences écologiques à large échelle que pourraient avoir ces techniques sur les écosystèmes. Nous plaidons systématiquement pour une approche intégrée.
La nécessité de protéger les océans est-elle mondialement partagée ?
Depuis l’Unoc (1), l’océan a été mis en lumière au niveau international. Avec l’entrée en vigueur cette année de l’accord dit BBNJ (protection de la biodiversité en haute mer), se tiendra la première COP Océans début 2027 (2). C’est historique, il faut s’en réjouir mais beaucoup reste à faire, il faut maintenir le cap.



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